04 avr. 2009
Des avancées positives
Paris, le 5 avril 2009
"L'humanité ne se pose que les problèmes qu'elle est en mesure de résoudre" affirmait naguère Karl Marx. Sans doute. Il est vrai aussi que "les hommes n'acceptent le changement que dans la nécessité, et ils ne voient la nécessité que dans la crise", pour reprendre Jean Monnet. De ce point de vue, l'actualité de la semaine passée a fourni quelques exemples qui ne peuvent que renforcer dans leur conviction socialistes et fédéralistes.
Le Sommet de Londres du G20
Contrairement à ce qu'ils pensent, nos hommes d'Etat et autres chefs de gouvernement décident moins du cours des choses qu'ils ne les subissent. L'ampleur de la crise économique et financière convainc quelques-uns des plus libéraux à des initiatives fortes des pouvoirs publics et des Etats (ainsi Nicolas Sarkozy, qui n'est plus à une contradiction près !), et pour les mêmes et quelques autres à envisager des interventions publiques à tout le moins concertées, voire coordonnées, bref, à se rallier à des solutions fédéralistes comme Monsieur Jourdain faisait de la prose.
Avec toutes les limites d'un tel show, le Sommet de Londres se résout à une "solution globale" de cette crise globale, à une solution mondiale de cette crise mondiale (point 2 du communiqué final), ce qui passe par le renforcement de la régulation financière et la refonte des institutions financières.
En septembre 2008, nous avions salué la clairvoyance de Dominique Strauss-Kahn et de la qualité de ses propositions. Il a été pleinement entendu, et le FMI voit ses ressources significativement augmentées et sa réforme interne programmée.
Tout aussi important, même si les grands médias y accordent peu d'importance, la volonté affirmée des membres du G20 de rejeter le protectionnisme et de continuer de promouvoir le commerce et l'investissement mondial. Le Directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (OMC/WTO), Pascal Lamy, s'inquiète à juste titre du tassement du commerce mondial. La réaffirmation par le G20 de la nécessité de parvenir à conclure positivement le cycle de négociations de Doha nous semble essentielle pour inverser cette tendance et permettre un développement plus équitable, fondement de la paix future de nos peuples et de nos nations.
Vieille Europe et Renouveau progressiste
Dans ce contexte, le tandem Merkel/Sarkozy est apparu à la traîne et singulièrement daté. Face à l'énergie de l'organisateur de la manifestation, Gordon Brown, aux propositions positives des responsables des grandes organisations internationales (Dominique Strauss-Kahn et Pascal Lamy pour ne citer que ces deux là), à la diplomatie créative du jeune président américain Obama, la vieille Europe de Sarkozy et Merkel semblait grincheuse et à côté de la plaque.
Oui, les progressistes, socialistes et fédéralistes inclus, ont des solutions pertinentes et adaptées à la crise et au monde présents !
Le Forum progressiste mondial / Global progressive forum (FPM/GPF), qui s'est réuni à Bruxelles les 2 et 3 avril 2009, vient d'en fournir un bel exemple. Parti socialiste européen, Internationale socialiste, Confédération syndicale internationale et grands réseaux d'ONGs étaient présents pour penser une nouvelle mondialisation, plus humaine et équitable. Le Président Clinton et Howard Dean étaient aux côtés des socialistes européens et de l'altermondialiste brésilien Chico Whitaker pour contribuer à cette réflexion ouverte.
Les travaux du GPF sont consultables sur le site du forum www.globalprogressiveforum.org , ils font suite aux précédentes manifestations du forum à Bruxelles (en 2003) et à Milan (en 2005), et à sa participation toutes ces dernières années aux Forums sociaux. L'Action fédéraliste "Socialisme & Liberté" (AFSL) soutient le FPM/GPF depuis sa création et participe régulièrement à ses initiatives.
Une diplomatie américaine très active
Rompant avec la diplomatie de GW Bush, le Président Obama met en place une diplomatie américaine très ouverte et active, dont il est assurément l'élément central, mais qui permet aussi à d'autres personnalités de jouer leur partition. Nous venons de souligner la présence de l'ancien Président Clinton et d'Howard Dean à la manifestation du GPF. Howard Dean est aussi venu à Paris rencontrer le Parti socialiste et des personnalités de gauche, à l'invitation du think tank Terra Nova, Hillary Clinton, comme Secrétaire d'Etat, poursuit de son côté un travail de fond sur les grands dossiers de politique étrangère.
Cette activité large est une bonne nouvelle dans un monde particulièrement instable.
C'est aussi une opportunité pour les progressistes, hommes et femmes de gauche, socialistes et fédéralistes, en France et en Europe, pour faire avancer des idées positives pour le monde de demain. L'Action fédéraliste "Socialisme & Liberté" (AFSL) prendra sa part et apportera sa contribution à cette phase qui, nous n'en doutons pas, verra le recul des forces conservatrices !
03 déc. 2008
Elections prud'homales 2008 : au-delà d'une abstention annoncée
Paris, le 6 décembre 2008
Le 3 décembre 2008, les travailleurs salariés et les employeurs étaient appelés aux urnes pour élire les 14 512 conseillers prud'homaux des juridictions qui, en France, sont chargées de juger les litiges du travail.
Depuis 1979, date du 1er scrutin national, la participation à ce vote a continuellement et régulièrement baissé. Les électeurs - qui en ont par ailleurs une image positive - boudent ce scrutin. Les médias, en ce début décembre 2008, ont accompagné et préparé ce mouvement, laissant entendre depuis plusieurs jours que la participation en serait vraisemblablement faible.
Les responsables gouvernementaux ont pour leur part peu soutenu en amont ce scrutin. La campagne officielle a - pour le moins - été discrète. On ne peut dire que les salariés aient eté fortement sensibilisés et sollicités pour accomplir leur devoir civique, comme si un autre projet était déjà à l'oeuvre.
Les organisations syndicales et patronales sont divisées sur l'importance de ce scrutin, et quelques-unes d'entre elles militent ouvertement pour l'abandon de cette élection au profit d'une représentation des différentes organisations au prorata de leurs résultats électoraux lors des élections professionnelles dans les entreprises (CE, DP, ...).
Cette avance de l'abandon du suffrage universel pour les conseils prud'homaux est masquée, insidieuse, et même si de nombreux médias s'en font les complices volontaires ou non, elle doit être fortement dénoncée. Les démocrates de tous bords ne peuvent se réjouir de l'abandon d'un scrutin démocratique pour le remplacer par des nominations "syndicales" ou "patronales" des juges du travail que sont les conseillers prud'homaux, et selon une représentation construite à partir de scrutins qui ont un autre objet.
Les fédéralistes, qui toujours oeuvrent - suivant le "principe d'exacte adéquation" - au traitement des problèmes au niveau où ils se posent, sont particulièrement interpellés à ce propos.
Leur combat sans cesse repris pour la démocratisation des institutions publiques par et pour les citoyens, leur lutte séculaire et déterminée pour un vrai "dépérissement de l'Etat" exigent qu'ils dénoncent la rhétorique qui, à terme, menace le principe de la seule juridiction française véritablement indépendante, indépendante parce que démocratiquement élue.
Sans doute convient-il de repenser, puis de réformer, les modalités du scrutin de telle sorte qu'il captive davantage l'attention ; sans doute les enjeux de cette élection peuvent-ils être plus clairement explicités aux électeurs, salariés ou employeurs. Mais le principe de l'élection, lui, ne saurait sans danger être remis en cause.
L'Action fédéraliste "Socialisme & Liberté" (AFSL) milite pour des institutions décentralisées et des structures internes de caractère fédéral en France et dans le monde. L'élection démocratique des conseils prud'homaux par les travailleurs eux-mêmes, qu'ils soient salariés ou employeurs, est en France une condition du "fédéralisme économique" cher aux théoriciens fédéralistes de la fin du XIXè et aux syndicalistes révolutionnaires du début du XXè siècle. L'AFSL, qui s'est toujours idéologiquement et politiquement située dans cette filiation, suivra attentivement l'évolution de ce débat dans les mois à venir, et alertera en conséquence les citoyens sur les éventuelles atteintes à leurs droits.
23 sept. 2008
La dimension mondiale de la crise financière exige une réponse à la même échelle !
Altiero Spinelli et Ernesto Rossi appelaient dans le "Manifeste de Ventotene" - dès les années 40, et contre les fascismes ! - à distinguer entre partis progressistes et partis réactionnaires selon qu'ils restaient cantonnés à la conquête du pouvoir politique national (les réactionnaires) ou qu'ils tentent d'ébaucher l'unité politique de tout le genre humain (les progressistes).
L'approche que propose Dominique Strauss-Kahn dans son article du quotidien "Le Monde" du mercredi 24 septembre 2008 relève de cette vision authentiquement progressiste, que les fédéralistes conséquents doivent soutenir et appuyer (disponible sur le site www.imf.org ). Il suggère, à juste titre, d'adopter une solution globale pour traiter efficacement la crise du système financier mondial, alors que de nombreux responsables politiques nationaux ont voulu la minimiser voire la nier, à commencer par les Autorités françaises et le Président Sarkozy.
Devant l'ampleur de la crise, sous la contrainte, la plupart des gouvernements nationaux accepte aujourd'hui la nécessité d'une réponse collective, internationale et publique. Nicolas Sarkozy lui-même, ce qui ne manque pas de piquant, en est réduit lui aussi à appeler de ses voeux une conférence internationale ! Mais tout cela sans vision ni projet véritable, si ce n'est celui des capitalistes et de leurs affidés de tous temps : faire payer à tous les pertes et l'irresponsabilité de quelques-uns !
Au-delà du traitement curatif immédiat, Dominique Strauss-Kahn préconise d'organiser une véritable régulation financière mondiale pérenne, en coopération avec tous les acteurs de la finance mondiale, la prochaine assemblée du FMI dans trois semaines pouvant fournir l'occasion d'un premier dialogue en ce sens entre représentants des Etats et gouverneurs de banques centrales.
C'est là l'orientation de moyen terme sur laquelle nous devons travailler.
Action fédéraliste "Socialisme & Liberté"
(AFSL)
20, rue des Tournelles
75004 Paris (France)
Tel : +33 1 42 72 71 24
actionfed@yahoo.fr
www.afsl.eu
05 juil. 2008
Reprendre l'offensive !
Paris, le 8 juillet 2008
Après le NON irlandais et le refus polonais, l'Union européenne est durablement fragilisée, et l'activisme de Nicolas Sarkozy n'y changera pas grand'chose.
Pour les militants européens sincères et pour les fédéralistes se pose la question de leur rôle et de leur devoir dans un contexte difficile et confus. Pour notre part, socialistes et fédéralistes, il nous faut aussi faire le point sur l'état réel de nos forces et de celles qui nous sont proches.
1- la mouvance européiste en France après les Etats Généraux de Lyon (21 juin 2008)
L'affluence était très correcte, mais elle semble au final avoir été sensiblement inférieure à celle de l'an passé à Lille. La moyenne d'âge demeure relativement élevée, en dépit de l'activité des "Jeunes européens" et, politiquement, l'ensemble est plutôt à droite, au mieux centriste.
Les différents ateliers étaient réellement, par le contenu, intéressants, et accueillant des personnalités de qualité. Dans l'atelier dont nous étions co-organisateurs, "Aux urnes, citoyens !", comme pour quelques autres, les retards accumulés dans le programme comme le trop grand nombre d'intervenants empêchent ou limitent le débat entre militants.
La volonté de situer cette manifestation en dehors des cercles politiques militants nuit aussi à son rayonnement. Sur la région lyonnaise, mieux associés en amont, les militants PS par exemple auraient aussi été plus présents. Et sans doute est-ce vrai des autres familles politiques.
Pour l'avenir, l'Action fédéraliste "Socialisme & Liberté" (AFSL) souhaite participer plus activement à la préparation en amont des Etats Généraux, mais considère que les quelques points que nous venons de relever doivent être pris en compte.
Au-delà, il s'agit d'offrir une vraie perspective politique pour les divers mouvements et associations européistes, en France et en Europe, qui leur permettent de dépasser leurs petits clivages internes et leur défiance commune envers les partis politiques.
2- Créer une dynamique avec le Parti socialiste européen (PSE)
Le choix du PSE, suite à son congrès d'avril 2004, "d'européaniser" son fonctionnement et de se transformer peu-à-peu en parti de militants est une évolution positive. La première rencontre européenne des militants du PSE du 4 au 6 juillet 2008, à Vienne, a de ce point de vue été une étape importante.
Mais beaucoup reste encore à faire. Le Manifeste du PSE en cours de finalisation doit devenir la plate-forme électorale de tous les partis sociaux-démocrates et socialistes européens pour les prochaines élections européennes de juin 2009. Le PSE doit en outre déterminer, à son Conseil des 1er-2 décembre 2008, à Madrid, le nom de son candidat pour la fonction de Président de la Commission européenne. Enfin, le PSE doit apparaître lors de cette campagne de juin 2009 comme la force politique alternative aux politiques européennes conservatrices de Barroso et des gouvernements européens de droite.
Si notre tâche est claire, il nous faut reconnaître que pour l'instant le nombre de militants actifs du PSE demeure limité (autour de 10000) et que leur orientation fédéraliste pour plus d'intégration politique de l'UE n'est pas toujours évidente. Il y a donc en ce sens un travail important qui doit être entamé.
Consciente de ces difficultés, l'Action fédéraliste "Socialisme & Liberté" (AFSL) considère cependant que, seule, une politisation des enjeux de l'UE, projet contre projet, gauche contre droite, permettra aux citoyens européens de faire de l'Europe un véritable objet politique commun à toutes et à tous.
3- Une situation politique européenne difficile
Le NON irlandais comme le refus du Chef d'Etat polonais de soumettre à ratification le Traité de Lisbonne placent à nouveau l'Union européenne dans une terrible ornière, semblable à bien des égards à celle de 2005, après les NON français et néerlandais. Les mois à venir vont être importants pour tenter, tant bien que mal, de sauver ce qui peut encore l'être des travaux de la deuxième Convention européenne. La Présidence française de l'Union en est, d'ores et déjà, complètement bouleversée.
En plus de cette paralysie institutionnelle, l'UE est à son tour frappée par la crise économique et financière. Seules, des politiques européennes intégrées audacieuses permettraient de construire des issues durables. Au lieu de quoi, les autorités françaises privilégient des solutions libérales strictement nationales ou des coordinations européennes de politiques nationales (sur les questions de migration et de sécurité notamment) qui renforcent les sentiments de repli.
Que l'on ne s'y trompe pas : l'UE est, dans son essence, en danger de mort. Des institutions portant son nom pourront lui survivre, mais le projet porté par ses fondateurs sera défunt.
Nous ne pouvons assister passifs à cet effondrement collectif ! L'absence de vision et la pusillanimité de nos dirigeants ne doivent pas être cautionnées par notre inaction !
4- Ouvrir de nouveaux chantiers, utiliser de nouveaux leviers
Cette situation politique mortifère pour l'UE contraint les européistes sincères et les fédéralistes conséquents à imaginer des solutions nouvelles, à investir de nouveaux chantiers d'investigation, à utiliser de nouveaux leviers pour reprendre l'offensive et relancer le projet européen !
L'Action fédéraliste "Socialisme & Liberté" (AFSL) donne rendez-vous à toutes celles et à tous ceux qui souhaitent coordonner leurs efforts dans cette perspective pour un week-end de rentrée, à la fin de l'été 2008.
Prenez contact avec nous !
Action fédéraliste "Socialisme & Liberté" (AFSL)
20, rue des Tournelles
75004 Paris (France)
Tel : +33 1 42 72 71 24
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14 nov. 2007
Merci au PS de ce vote courageux !
Jean Quatremer, journaliste du quotidien Libération et animateur du blog "Coulisses de Bruxelles, UE" (bruxelles.blogs.liberation.fr) a publié récemment un billet sur son blog, à l’occasion de la définition de la position du Parti socialiste sur le texte du Traité dit de Lisbonne par le bureau national du PS, qui appelle quelques remarques.
Tout d’abord, pour être exact, en plus des deux abstentions, il faut noter un refus de vote et, d’autre part, indiquer aux lecteurs que plusieurs membres du Bureau national présents au début de cette réunion, favorables en outre à une réponse positive, n’ont pu finalement participer au vote, celui-ci intervenant finalement très tard.
En conséquence, et contrairement à ce qu’indique Jean Quatremer, l’écart entre, d’une part, celles et ceux qui approuvent un texte qui facilite un meilleur fonctionnement de l’Union européenne à défaut d’en permettre la relance et, d’autre part, les autres, n’est finalement pas aussi réduit que cela : c’est plus ou moins le résultat du référendum interne de décembre 2004 entre militants socialistes, selon un rapport grosso modo de 60/40.
Est-ce que deux sensibilités sur l’Europe peuvent continuer de cohabiter dans la même formation politique ? C’est la question que pose Jean Quatremer, et à laquelle il apporte sa réponse.
Pourtant, à y regarder d’un peu plus près, il n’est pas sûr que les vrais clivages soient là où les situe Quatremer.
Sur l’Europe, les diverses formations politiques françaises à prétention majoritaire (RPR/UMP et PS notamment) abritent depuis longtemps des sensibilités européennes diverses. Les RPF/UDR/RPR furent longtemps remarquables par leur opposition majoritaire à la construction communautaire, mais en développant peu-à-peu néanmoins, d’abord sous Pompidou et Chaban, puis avec Balladur et finalement Sarkozy un noyau politique singulièrement plus favorable à l’UE. Aujourd’hui cette sensibilité pro-européenne est désormais majoritaire à l’UMP, avec le renfort récent des libéraux ex-Républicains, Indépendants et autres DL, auxquels pour être complet il faut ajouter quelques ex-UDF (Douste-Blazy). Notons cependant que, fort prudemment, le Président de l’UMP Nicolas Sarkozy a évité en 2005 de faire une campagne active en faveur du référendum pour le traité constitutionnel, soucieux de l’équilibre interne de son organisation, avec sur les flancs une frange souverainiste non négligeable menée notamment par Nicolas Dupont-Aignan, et d’éviter de renforcer une initiative du Président Jacques Chirac.
Ce clivage interne perdure au sein de l’UMP, même si momentanément et immédiatement, après les élections présidentielles, il est moins visible et audible. Plus, la frange anti-européenne se renforcera vraisemblablement en son sein dans les années à venir, si l’UMP est soucieuse dans la durée de « siphonner » l’électorat FN. Nicolas Sarkozy d’ailleurs ne s’y trompe pas, et s’il n’oublie pas un 11 novembre de pavoiser de drapeaux européens l’Arc de l’Etoile, il n’omet pas non plus de stigmatiser injustement la BCE.
Quant au PS, c’est là aussi une fort vieille histoire, qui a peu à voir avec la question de l’économie de marché et du capitalisme. Guy Mollet, cité injustement par Quatremer, en est la meilleure expression : révolutionnaire dans l’opposition et social-démocrate au pouvoir sans doute (et encore faudrait-il expliquer de quoi l’on parle !), mais toujours – avec obstination jusque dans la défaite – résolument européen. A l’inverse, Alain Savary dans les années 50, le radical Pierre Mendès France et quelques autres, sans être ni des gauchistes ni des étatistes invétérés, s’opposèrent qui à la CED, qui au traité CEE. Et en 2005, l’opposition au traité constitutionnel au sein du PS ne peut être comprise à travers le seul prisme droite/gauche, entre partisans de l’économie de marché et anti-libéraux. Laurent Fabius comme expression suprême de l’antilibéralisme ? Allons, soyons sérieux !
La vérité est que, plus que jamais, présidentialisation de notre système politique aidant, les grands partis majoritaires qui doivent produire et soutenir les candidats à la présidentielle doivent pour cette fin agréger des catégories sociales - mais aussi des aspirations - diverses, parfois concurrentes, quelquefois contradictoires.
Le Parti socialiste, comme l’UMP ou toute autre formation politique qui se donne pour vocation de devenir majoritaire et de porter son champion à la Présidence de la République doit et devra construire un discours composite susceptible de répondre aux attentes d’électorats multiples. François Bayrou, au cours de la dernière campagne présidentielle, n’a pu échapper lui non plus à cette terrible loi, et celles et ceux qui attendaient de lui – enfin !- un engagement militant en faveur de l’Europe fédérale et un programme politique construit autour de cette exigence en sont restés pour leurs frais. À partir de l’instant où François Bayrou a commencé à croire à la possibilité d’être présent au second tour, il était contraint de mettre la question européenne au second plan.
Aussi ne faut-il pas cracher sur la soupe, mais au contraire se réjouir du vote courageux des socialistes français !
Comme en 2005, ils ont plus de coups à prendre dans cette affirmation européenne que de gains à en espérer. Aucune autre formation politique française n’a débattu de ce sujet aussi franchement, démocratiquement et ouvertement. L’Action fédéraliste "Socialisme & Liberté" (AFSL) salue le résultat du vote des instances du PS. Sans doute le nouveau traité ne permet-il pas véritablement de relancer la construction européenne, mais il autorise un fonctionnement plus cohérent des institutions communautaires. Il reste maintenant à tracer la voie de l’avenir.
Les socialistes, en France comme en Europe, doivent y prendre toute leur part. L’Action fédéraliste "Socialisme & Liberté " s’attachera au cours des mois prochains à susciter diverses initiatives en ce sens.
Action fédéraliste "Socialisme & Liberté"
20, rue des Tournelles
75004 Paris (France)
Tel : +33 1 42 72 71 24
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09 juin 2007
La solution à la crise constitutionnelle
Un traité fondamental
Un traité sur les politiques
Trois protocoles
La résolution de la crise constitutionnelle représente, à l'heure actuelle, le plus grand défi de l'Union européenne. 18 Etats, c'est-à-dire deux tiers des Etats membres de l'Union, ont ratifié la Constitution. Dans deux Etats, la Constitution a été rejetée par référendum par les citoyens. La solution à la crise de ratification réside dans une simplification de la Constitution en un "Traité sur les fondements de l'Union européenne" (Traité fondamental), et un "Traité sur les politiques de l'Union européenne" (Traité sur les politiques). Des protocoles annexés aux Traités peuvent aider à intégrer des sujets tels que la protection du climat et permettra ainsi un plus grand soutien du projet par le public.
Lors des referenda en France et aux Pays-Bas, deux principales critiques ont été formulées. Le document a été perçu comme trop complexe et trop volumineux. De plus, la dénomination de "Constitution européenne" a suscité des craintes d'une éventuelle perte d'identité nationale et a animé l'idée d'un super Etat européen.
Ces deux problèmes peuvent être résolus :
- les dispositions fondamentales sur les valeurs, les objectifs, les institutions et les compétences de l'UE (parties I et IV du Traité constitutionnel) seront réunies dans un Traité fondamental compact et facilement compréhensible. Ce texte ne compte plus que 70 articles.
- La Charte des droits fondamentaux (partie II du Traité constitutionnel) acquerra une valeur juridique au travers d'un renvoi dans le Traité constitutionnel (art.9) et sera annexé en tant que telle au Traité fondamental sous la forme d'un protocole.
- Les politiques de l'Union (partie III du Traité constitutionnel) seront régies par un Traité sur les politiques, autonome, mais qui sera lié au Traité fondamental. Ce Traité sur les politiques s'appuie sur le Traité de Nice, modifié par les nouvelles dispositions contenues dans la partie III du Traité constitutionnel.
Depuis la signature du "Traité établissant une Constitution pour l'Europe" en octobre 2004 à Rome, les décisions sur la protection du climat ont ouvert un nouveau chapitre pour la politique européenne. La conférence intergouvernementale doit intégrer la politique de protection du climat dans les traités. Je suggère d'intégrer au Traité sur les politiques un "Protocole sur la protection du climat".
Des inquiétudes concernant un manque de dimension sociale de l'Union ont été formulées notamment lors du référendum en France, mais aussi lors des débats dans les autres Etats. La conférence intergouvernementale devrait tenir compte de ces débats en adoptant soit une déclaration sur "l'Europe sociale" qui précisera les progrès et les innovations résultant du nouveau Traité, soit un "Protocole social" qui donnerait davantage de substance à une politique sociale européenne.
Jo Leinen
Président de la Commission des affaires constitutionnelles du Parlement européen
NB : la proposition intégrale de "Traité sur les politiques de l'Union européenne" ainsi qu'un modèle pour la modification du Traité CE sont disponibles sur mon site internet www.joleinen.de
08 juin 2007
Promouvoir les identités multiples
La campagne électorale a fait surgir le thème de l’identité nationale et même, de la part de Ségolène Royal, celui du drapeau. Ce discours répond à une aspiration de l’opinion à un retour vers les valeurs traditionnelles du patriotisme. Il pourrait être accueilli sans réserves s’il s’inscrivait dans un effort de promotion des identités multiples. Une des causes de la panne européenne est l’absence de tout effort pour familiariser l’opinion avec cette notion qui devrait être à la base d’une éducation civique adaptée à notre temps. Il faut apprendre aux jeunes qu’ils appartiennent à plusieurs cercles de solidarité, que l’on peut être attaché à sa petite communauté et un bon citoyen de son pays, que l’on peut aimer la France et se sentir européen, que l’on peut être un bon citoyen de l’Europe et du monde.
Une grande politique de l’identité devrait être un élément essentiel de la relance européenne, un élément permettant de distinguer les partisans de l’Europe politique de ceux qui souhaitent réduire à l’Union à un espace d’échanges (voir le chapitre 3 de mon livre Aimer l’Europe). Cette politique devrait comporter au moins cinq points : la validation juridique de la Charte des droits fondamentaux, le maintien du titre de ministre des Affaires étrangères "à double casquette", la promotion des autres symboles d’appartenance (drapeau, hymne, devise) qu’ils soient ou non mentionnés dans le nouveau traité, la généralisation d’un enseignement fondé sur l’apprentissage des identités multiples et l’utilisation à cette fin de la télévision, enfin le développement de toutes les formes d’échanges de jeunes, notamment l’extension, par des incitations fortes, du service volontaire européen. Ce programme pourrait faire l’objet d’une proposition du Mouvement européen (international). Ce pourrait être un des enjeux majeurs des prochains Etats généraux de l’Europe, faisant suite à ceux qui se sont tenus à Lille avec un grand succès en mars 2007.
Robert Toulemon
3 juin 2007
01 déc. 2006
Colloque annuel de la Société PJ Proudhon "Lectures de Proudhon au XXè siècle"
La Société PJ Proudhon organise son colloque annuel ce samedi 2 décembre 2006, au FIAP Jean Monnet, 30 rue Cabanis 75014 Paris.
Au programme :
- Edward Castleton, Lectures des "éditeurs" de l'édition Rivière ;
- Samuel Hayat, Lecture de l'extrême-droite entre les deux guerres mondiales ;
- Jorge Cagio Y Conde, Alexandre Marc et le fédéralisme ;
- Fawzia Tobgui, Denis de Rougemont et le personnalisme ;
- Gaetano Manfredonia, Lectures anarchistes au XXè siècle ;
- Pierre Ansart, Georges Gurvitch et Proudhon ;
- Georges Navet, Une lecture philosophique : François Dagognet ;
- Patrice Rolland, Unelmecture théologique : Henri de Lubac.
Un débat est prévu après chaque intervention.
L'entrée est libre et gratuite. Il est possible de déjeuner sur place.
02 nov. 2006
Sauvons l'Europe !
L'action fédéraliste "Socialisme & Liberté" suit avec intérêt le travail réalisé par le collectif "Sauvons l'Europe !". Au lendemain du NON français au référendum sur le Traité constitutionnel, ce collectif a été à l'origine d'un regroupement de militants européens convaincus pour relancer le combat pour l'Europe en France, en tirant enseignement de l'échec d'alors.
Depuis, "Sauvons l'Europe !" s'organise sur tout le territoire français. Il publie désormais une "newsletter" intéressante. La dernière livraison de cette newsletter est accessible par le lien ci-après : http://www.sauvonsleurope.org/test/dossier_newsletter/newsletter_novembre_2006_3.pdf
Nous vous invitons à la consulter.
15 juil. 2006
Appel de F. Mayor et de M. Soares
Afghanistan,
Irak, Palestine, Soudan...: assez de
violations de la légalité démocratique internationale !
Au-delà d’un événement précis qui nous trouble – il
y en a tant ! –, au-delà d’une situation complexe particulière qui
nous préoccupe – il n’y en a que trop ! –, … c’est, depuis pas
mal de temps déjà, un ensemble de faits qui nous inquiètent et que nous
dénonçons : toute une série de situations, de tendances, d’agissements (et
de non-agissements) qui nous demandent à nouveau, et même encore plus énergiquement,
d’unir nos voix (nous, les signataires de cette déclaration, adhérents et amis
du Forum UBUNTU) pour dire une fois de plus : assez de violations de la légalité démocratique
internationale !
En Afghanistan, en Irak, en Palestine, au Soudan, ... l’enkystement,
la militarisation, la mise en œuvre de toutes sortes de pratiques qui ignorent
et méprisent la légalité démocratique internationale basée sur les droits
universels de l’homme (prisons
« secrètes », vols « clandestins », murs de la honte, assassinats
« ciblés », effets collatéraux, ripostes totalement
disproportionnées, erreurs techniques... semblent être les étendards brandis par la nouvelle barbarie des
puissants) ont pour seul
résultat que, dans les conflits de notre époque, la souffrance massive et
indiscriminée à laquelle la société civile de ces pays se voit constamment
soumise semble n’avoir aucune importance, aucune limite, aucune fin !
Le Sommet 2005 de l’ONU, influencé par les événements du
11 septembre 2001 (que nous avons condamnés catégoriquement, comme nous
condamnons tout acte d’expression utilisant la violence et le combat), a
abordé, notamment, les sujets de la paix et de la sécurité dans le monde. Bien
qu’il n’ait guère proposé de solutions concrètes, il a heureusement eu la lucidité
de dire, par exemple :
- Nous considérons que la paix
et la sécurité, le développement et les droits de l’homme constituent le socle
sur lequel repose le système des Nations Unies et les fondements de la sécurité
et du bien-être collectifs. Nous reconnaissons que le développement, la paix et
la sécurité et les droits de l’homme sont inséparables et se renforcent
mutuellement.
- La communauté internationale,
dans le cadre de l’Organisation des Nations Unies, a aussi la responsabilité de mettre en œuvre les
moyens diplomatiques, humanitaires et autres moyens pacifiques appropriés, afin d’aider à protéger les populations
du génocide, des crimes de guerre, du nettoyage ethnique et des crimes contre
l’humanité.
C’est dans ce contexte, et auparavant dans beaucoup
d’autres situations où l’ONU était impliquée, que nous avons fini par unir nos
voix pour, d’abord, EXIGER :
- Que
cessent immédiatement les événements, situations et actions ignominieuses comme
ceux que nous avons cités et que, surtout dans ces conflits enkystés, les
forces armées se comportent comme des « casques bleus » sous le
drapeau et sous le commandement de l’ONU.
- Que
l’on entreprenne, véritablement et une fois pour toutes, la réforme de l’ONU en
mettant en œuvre les attributions, les fonctions, les ressources humaines et
financières nécessaires, et que tous, et en particulier les grandes puissances,
s’engagent fermement et irrévocablement à redresser sans tarder et avec toute
la fermeté nécessaire les tristes tendances de la réalité actuelle.
Et, ensuite, pour à nouveau LANCER un appel aux citoyens et aux citoyennes du monde, et
surtout aux organisations de la société civile mondiale et aux mouvements
sociaux, pour qu’ils continuent à se mobiliser pour rétablir un climat de
dialogue dans le monde et pour faire régner la paix et la justice partout.
Federico Mayor
Fundación Cultura de Paz
Mário Soares
Fundaçao Mário Soares
Line
Muthoni Wanyeki
FEMNET- The African Women's
Development and Communication Network
Willy Thys
World
Confederation of Labour
Fatma Alloo
DAWN - Development
Alternatives with Women for a New Era
Roberto Savio
Inter
Press Service International Association – IPS
Cornelio Sommaruga
CAUX, Initiatives et
Changement International
Chico Whitaker
Justiça e Paz
Mohammed Fayek
The
Arab Organization for Human Rights
Herman Spanjaard
International
Physicians for the Prevention of Nuclear War
Seán Ó
Siochrú
CRIS
- Communications Rights in the Information Society
Ricardo Díez Hochleitner
Honorary President, Club of Rome
Paul Ortega
Pax Romana – IMICA
Flavio
Lotti
Tavola de la Pace
Luz
Stella Velásquez
Red Latinamericana de
Estudios Ambientales Urbanos
Ricardo Verástegui Lopez
Jubilee South
Arcadi Oliveres
Justícia i Pau
Jorge Nieto Montesinos
Centro Internacional para la Cultura Democrática
Agustí Colomines / Fèlix
Martí
Centre UNESCO de Catalunya
Antonio
Papisca
Università di Padova
Josep Ferrer Llop
Universitat Politècnica de Catalunya
Gurutz Jáuregui
Universidad del País Vasco
Ferran Requejo
Universitat Pompeu Fabra
Josep Xercavins i Valls
UBUNTU Forum Ad Hoc Secretariat



