Socialisme&Liberté

Action Fédéraliste "Socialisme & Liberté"

22 nov. 2008

Parti socialiste (PS) : Construire l'alternative à la droite conservatrice

L'Action fédéraliste "Socialisme & Liberté" (AFSL) regroupe des socialistes fédéralistes, mais elle n'intervient pas dans les débats internes du Parti socialiste (PS). Les membres de l'AFSL se déterminent individuellement et librement par rapport à ce parti, et tous n'en sont pas membres.

Ceci étant dit, les débats internes de cette organisation, dans la mesure où elle regroupe le plus grand nombre de socialistes en France et qu'elle représente en France la force politique la plus importante à la droite conservatrice et réactionnaire conduite par Nicolas Sarkozy, ne peuvent nous laisser indifférents.
Et s'il y a beaucoup à dire parmi les diverses éminences du PS, sur les uns, les unes et les autres, il n'en demeure pas moins que la présentation qui en est faite généralement dans les médias et dans la presse est plus l'expression de l'indigence de ces derniers que du PS lui-même : l'absence de réelles enquêtes pour se limiter aux seuls cancans, une culture politique sommaire, un esprit d'investigation limité aux propos de café du commerce.


Le débat plutôt que le caporalisme

Et pourtant, le PS et ses membres doivent être fiers de leur capacité à offrir le spectacle d'une vie démocratique interne unique parmi les organisations politiques françaises et partant, à animer la vie politique en France. Le débat interne au PS de 2004 sur le traité constitutionnel comme en 2006 la procédure de sélection du candidat-e socialiste à l'élection présidentielle de 2007, demeurent les exemples les plus positifs de cette vie démocratique intense.
En regard, les organisations de la droite conservatrice (comme l'UMP) et du centre (MoDem de Bayrou) apparaissent comme des organisations politiques caporalisées au service de l'ambition d'un seul homme.
Et parmi les autres organisations de gauche, aucune n'accepte aussi ouvertement la transparence de ses débats.

Assumer et organiser une concurrence transparente entre les personnalités

Le procès implicite à gauche sur les pratiques du PS ne porte pas sur cette vie démocratique mais sur ce qui serait l'absence d'enjeux de fond des querelles internes aux socialistes. Ainsi, considérant que rien d'essentiel ne différencie les principaux protagonistes socialistes, il conviendrait de railler leur querelle de personnes. C'est oublier un peu vite que la politique est aussi choix sur les personnes chargées d'incarner, à un moment donné, un combat pour des valeurs et un programme. C'est l'honneur des socialistes d'assumer cette part souvent dissimulée du combat politique. Il est donc estimable qu'après le vote sur les textes d'orientation ou motions, on en vienne logiquement aux votes sur les personnes. C'est ce qui est en cours.


L'antienne de la scission

Depuis le début des années 70 et après Epinay, la droite conservatrice française pleure le bon vieux temps des années 50 et 60 où la gauche divisée laissait la place au gaullisme triomphant. Ce rêve hante encore la droite française et quelque plumitif médiocre reprennent cette antienne sans qu'elle repose sur quoi que ce soit. Les deux candidates ont elles-mêmes exclu cette idée, et l'intérêt bien compris des différents responsables du PS, souvent élus de collectivités territoriales, est de disposer d'une majorité stable, avec un noyau PS fort auquel s'adjoignent d'autres forces progressistes locales ou nationales. De même, les autres forces de gauche en France ont elles aussi intérêt à un PS fort mais non dominateur qui leur offre la possibilité d'accéder aux responsabilités au sommet de l'Etat.

Il est symptomatique qu'une presse et des médias peu attentifs à l'éthique professionnelle ou soumis à un actionnariat de grands groupes économiques particulièrement actifs reprennent cette vieille rengaine. Il appartient aux citoyens progressistes, aux membres du PS et à ses responsables de leur donner un démenti cinglant, en optant résolument pour l'unité interne respectueuse des différences et une dynamique collective alternative à la droite conservatrice et sans vision.

Action fédéraliste "Socialisme & Liberté" (AFSL)
20, rue des Tournelles
75004 Paris - France
Tel : +33 1 42 72 71 24
actionfed@yahoo.fr
www.afsl.eu

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09 juil. 2008

Après le G8 : Les Nations Unies plutôt qu'un directoire de nations pour régler les problèmes mondiaux !

Paris, le 11 juillet 2008

Vif et toujours stimulant, Jean Pisani-Ferry livre désormais régulièrement sa "carte blanche" dans le quotidien "Le Monde". Il s'agit d'une chronique sur l'économie européenne ou mondiale, toujours bien informée et intéressante. Dans l'édition du mercredi 9 juillet 2008, il revient justement sur le risque d'inflation et le manque de croissance redoutés à l'échelle mondiale. Il note les intérêts divergents dans cette phase délicate entre pays développés et pays émergents, et l'importance qu'il y aurait en conséquence à mieux associer ces derniers aux grandes affaires du monde.

L'argumentation de Jean Pisani-Ferry est parfaitement cohérente, et nous approuvons sa démonstration. En revanche, sa dernière proposition pour mieux associer les pays émergents nous semble, elle, discutable. S'il convient en effet de mieux associer et partant, de responsabiliser, les pays émergents aux grands équilibres économiques mondiaux dans lesquels ils interviennent de plus en plus, le cadre du G8 n'est pas - nous semble-t-il - le cadre approprié pour le faire.

Cela renvoie aux intentions discutables de mise en place, puis de pérennisation, de ce directoire. Pour notre part, nous considérons que les affaires du monde doivent être traitée dans les instances et organisations créées à cet effet par la communauté internationale dans son ensemble. C'est le sens de notre revendication pour une démocratisation et un renforcement des attributions de l'Organisation des Nations Unies. L'échec de la réforme des Nations Unies, en particulier la faiblesse de sa participation effective à la gouvernance économique et financière mondiale, et l'incapacité d'augmenter le nombre des Etats membres permanents du Conseil de sécurité pour accueillir les principaux pays émergents sont des questions cruciales dont nous devons contraindre nos responsables à se saisir.
La difficulté incontestable de réaliser cette réforme espérée ne justifie pas la pérennisation d'un directoire auto-proclamé de dirigeants politiques nationaux qui prétendent, dans une relative opacité, régler les grandes affaires du monde.

Le G8, élargi ou non aux pays émergents, n'est pas et ne peut prétendre devenir le cadre légitime de règlement de la politique économique et financière mondiale !

Action fédéraliste "Socialisme & Liberté" (AFSL)
20, rue des Tournelles
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31 août 2007

Altiero Spinelli aurait célébré aujourd'hui son centième anniversaire.

Il était né à Rome le 31 août 1907 mais ses origines étaient du sud de l'Italie en partie des Pouilles et en partie des Abruzzes.

Etant adolescent à l'arrivée du fascisme et ayant été éduqué par son père aux valeurs de la démocratie et de la solidarité, il a bientôt décidé d'engager son combat politique dans le camp des jeunes communistes où il devenu rapidement un des dirigeants.

Il était passionné plus par les questions de société que par l'idéologie du parti dont sa sympathie pour Gramsci et son opposition à Bordiga.

Jeune étudiant en droit, il a été arrêté en 1927 par la police de Mussolini, condamné par le Tribunal Spécial et envoyé en prison pour 16 ans.

Ses intérêts culturels et sa vision de la vie l'ont amené à s'éloigner de la dure discipline idéologique du parti communiste et c'est ainsi qu'il en a été expulsé en 1937.

Dès cette année et jusqu'à 1943, le fascisme l'avait envoyé au confino dans la petite île de Ventotene où sa formation culturelle s'est concentrée notamment sur les textes économiques de Luigi Einaudi et les textes politiques des fédéralistes anglais et américains.

Comme Jean Monnet à Alger, il était arrivé en 1941 à la conviction que la démocratie aurait gagné sur le totalitarisme mais que la paix aurait été solide sur le continent à la condition de transformer les relations entre les nations en un système fédéral.

Depuis lors, le Manifesto de Ventotene, écrit avec Ernesto Rossi, est devenu un texte fondamental pour toute réflexion sur les raisons qui sont à la base de l'unification européenne.

Altiero Spinelli est entré à juste titre dans le Panthéon des Pères de l'Europe avec Jean Monnet, Robert Schuman, Konrad Adenauer, Alcide De Gasperi, Paul-Henri Spaak en apportant au processus d'intégration sa contribution originale.

A l'occasion de son centième anniversaire, il faut rappeler en premier lieu le rôle d'éducateur qu'il a joué avec la fondation en 1943 et l'animation du mouvement fédéraliste permettant ainsi à des milliers des jeunes de s'engager pour les valeurs de la liberté et de la démocratie ainsi que le rôle de penseur et de formateur avec la création de l'Institut des Affaires Internationales.

La partie la plus importante de son action et de sa pensée est celle qu'il a laissée au sein des institutions européennes. En tant que membre de la Commission européenne de 1970 à 1976, il a conçu et mis en œuvre les premiers éléments de politiques communes qui sont aujourd'hui au centre de l'action de l'Union européenne: l'environnement, la recherche, l'industrie, la culture.

En tant que député européen de 1976 à 1986, il a amené l'Assemblée à assumer un rôle quasi-constituant en adoptant à une très large majorité le projet de traité instituant l'Union européenne.

Sans ce projet, aucun progrès vers une intégration européenne plus démocratique et plus efficace aurait été possible puisque toute les révisions des traités depuis l'Acte unique jusqu'à celle qui est aujourd'hui sur la table de la CIG se sont inspirées des éléments fondamentaux du travail accompli en 1984 par le Parlement européen: le principe de subsidiarité, le partage de compétences entre l'Union et les Etats, la hiérarchie des normes, le pouvoir de codécision, le renforcement du rôle de la Commission, les droits fondamentaux et la citoyenneté européenne, l'intégration différenciée...

Ainsi, nous devons rendre aujourd'hui un hommage convaincu et reconnaissant au visionnaire et au bâtisseur en nous engageant à poursuivre son action sur la voie de la démocratie européenne.

Pier Virgilio Dastoli
ancien assistant de Spinelli au PE
Chef de la Représentantion en Italie de la Commission européenne

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