Socialisme&Liberté

Action Fédéraliste "Socialisme & Liberté"

30 sept. 2009

Colloque pour le bicentenaire de la naissance de Proudhon (Besançon, 15-17 octobre 2009)

A l'occasion du bicentenaire de la naissance de Pierre Joseph Proudhon, la Ville de Besançon (où Proudhon est né en 1809), le Conseil général du Doubs, le Conseil régional de Franche-Comté d'une part, l'Université de Franche-Comté et la MSH Nicolas Ledoux d'autre part, organisent conjointement un colloque ouvert au public à Besançon, à l'Opéra-théatre les deux premiers jours, au Petit Kursaal le troisième. 

 

Jeudi 15 octobre

8h45 Ouverture du colloque : M. le Maire de Besançon & M. Le Président de l’Université de Franche-Comté

9h-15 – 9H30 Présentation du colloque, Hervé Touboul, Maître de conférences en philosophie à l'Université de Franche-Comté

9h30 –10h Proudhon, critique du chemin de fer, Georges Ribeill, Professeur à l'Université de Marne la Vallée ;

10h15- 10h45 Les dimanches de Monsieur Proudhon, ou les célébrations d’une religion sociale, Robert Damien, Professeur de philosophie politique et éthique à l’Université de Paris X-Nanterre ;

11h15 – 11h45 Une affaire de raison, Georges Navet, Professeur de philosophie, Université Paris VIII ;

Président de séance : M. Thierry Martin, Professeur de philosophie à l’Université de Franche-Comté ;

14h-14h30 Le lien de filiation entre Proudhon et les 1ers républicains, fondateurs de la 3éme République, Vincent Peillon, Député européen ;

14h45-15h15 Proudhon, penseur de l’autonomie ouvrière, Jacques Julliard, Directeur d’études honoraire à l’EHESS ;

 Discussion avec Charles Piaget, participant historique du mouvement des « LIP »

16h-16h30 Proudhon et la question italienne, Gilda Manganaro, Professeur d’histoire de la pensée politique à l’Université de Trieste ;

16h45-17h15 Proudhon et la pensée libérale, Vincent Valentin, Maître de Conférences en droit l’Université de Paris I ;

17h30-18h  Du bon usage de la caricature antisocialiste pendant la Seconde République. Le chien Proudhon et le chat Considérant à l'affiche chez Aubert, M. Detourbet, Doctorant en histoire.

Vendredi 16 octobre 

Président de séance : Annie Stora-Lamarre,  Professeur d’histoire à l’Université de Franche-Comté

 9h –9H30, Proudhon, héraut et philosophe du peuple, Chantal Gaillard , Secrétaire générale de la Société Proudhon ;

9h45-10h15 Un agnostique engagé : Proudhon en prise avec l’absolu, Edouard Jourdain,  Doctorant en études politiques à l’EHESS ;

10h45-11h15 Proudhon et l'économie, 1848,Thierry Menuelle, de la Société Proudhon ;

11h30-12h Lecture proudhonienne de la Constitution de 1848, Anne Sophie Chambost, Maître de Conférences, Université de Paris-Descartes ;

Président de séance : Frédéric Brahami, Professeur de philosophie à l’Université de Franche-Comté ;

14h-14h30, Proudhon et les fouriéristes, Jonathan Beecher, Professeur d’histoire à l’Université de Californie à Santa Cruz ;

14h45-15h15, Le proudhonisme et les ouvriers militants du bureau parisien de la 1ère Internationale au Second Empire, Bruno Scacciatelli, ATER en sociologie à l’Université de Picardie ;

16h-16h30 Le crédit gratuit, une idée révolutionnaire ? La banque du peuple 1848-1849, Olivier Chaïbi, Docteur en histoire ;

 17h-17h30 La notion de pacte fédératif chez Proudhon, M. Cagiao, Maître de Conférences à l’Université de Tours ;

17h45-18h15 Proudhon, le canton de Vaud et la Suisse, Olivier Meuwly, Adjoint au secrétariat général du département des finances et des relations extérieures du canton de Vaud, Docteur en droit et ès Lettres ;

Samedi 17 octobre

Président de séance, Henri Ferreira Lopès, directeur des bibliothèques de Besançon

8h45-9h 15 L’articulation entre droit et Etat dans le système politique de Proudhon, Fawzia Tobgui, enseigne le français et la philosophie à Munich ;

9h30-10h, L'idéo-réalisme de Proudhon, Sébastien Pasteur, doctorant à l'Université de Franche-Comté ;

10h30-11h, Proudhon et la question des candidatures ouvrières, Antoine Schwartz, doctorant en sciences politiques à l’Université de paris X ;

11h30-12h Proudhon. Une pensée et une vie toujours inédite ?  Edward Castleton. Docteur de l'Université de Cambridge, chercheur associé à l'Université de Franche-Comté, travaille à l'édition des manuscrits inédits de Proudhon ;

12h15-13h Proudhon et Victor Hugo et conclusion du colloque : Gaston Bordet, Maître de Conférences honoraire à l’Université de Franche-Comté.            

Le 15 octobre au soir, 20h30, au Petit Kursaal, discussion sur l’actualité de Proudhon. La question du socialisme et du marché avec (sous réserve) :  Vincent Bourdeau (Université de Franche-Comté), Robert Damien  (Université de Paris X), Jacques Langlois (Société Proudhon), Hervé Touboul (Université de Franche-Comté), Vincent Valentin, (Université de Paris).

Le 22 octobre au soir, 20h30 au Grand Kursaal, soirée débat autour de la figure de Jenny d’Héricourt, écrivaine féministe révolutionnaire, née en 1809 à Besançon, auteur de Monsieur Proudhon et la question des femmes et de La femme affranchie.

Confrontation de ses idées sur les femmes et de celles de Proudhon

Présentation de Jenny d’Héricourt par Geneviève Fraisse

Débat sur le féminisme aujourd’hui

 

 

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10 juin 2009

Au lendemain des élections européennes de juin 2009, relancer et approfondir l'Union européenne !

Dans l'édition du supplément "économie" du quotidien Le Monde datée du mercredi 10 juin 2009, Jean Pisani-Ferry - toujours très affûté - conseille aux nouveaux eurodéputés comme à celles et ceux qui, demain, seront les nouveaux commissaires européens de ne pas craindre l'audace. Il relève justement la nécessité de renforcer et de rendre plus efficace la "gouvernance" de l'Union européenne. Mais quelle alliance politique est en mesure aujourd'hui de soutenir de telles initiatives, pourtant nécessaires ?
Jean Pisani-Ferry constate justement que les partisans de réponses européennes trouvent aujourd'hui sur leur chemin et les libéraux et les souverainistes.
L'Action fédéraliste "Socialisme & Liberté" (AFSL) mesure parfaitement cette tension dialectique entre l'urgence des défis auxquels nous sommes confrontés et l'incapacité collective de nos contemporains et des grandes familles politiques qui les représentent à assumer les mesures adéquates.
Nous invitons toutes celles et tous ceux qui partagent ce constat à participer, avec nous, à une journée de rencontres et de débats le samedi 20 juin 2009 pour, ensemble, analyser calmement les résultats des élections européennes de 2009, en peser les conséquences les plus importantes et nous interroger sur les modalités d'une relance de la construction européenne.
Ordre du jour provisoire (10h30 - 16h) :
- Analyse des résultats des élections européennes, en France et en Europe ;
- Esquisse des différents scénarios probable de "gouvernance" de l'UE au vu de ces résultats ;
- Examen des voies d'approfondissement de l'Union européenne, dans une perspective fédérale et sociale ;
- Débat final sur la construction d'une issue politique.
Confirmez-nous sans tarder, s'il vous plaît, votre intérêt pour notre initiative, en réagissant à ce "post" ou en nous appelant à notre siège :
Action fédéraliste "Socialisme & Liberté" (AFSL)
20, rue des Tournelles
75004 Paris (France)
Tel : +33 1 42 72 71 24
actionfed@yahoo.fr
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02 juin 2009

Le "Financial Times" met en évidence les difficultés des socialistes européens. Sachons y répondre !

Paris, le 2 juin 2009

Dans un éditorial de l'édition datée de ce jour, le quotidien "Financial Times" souligne à l'envi les faiblesses, pour ne pas dire les lacunes, des socialistes et sociaux démocrates européens et du Parti socialiste européen (PSE) dans la campagne européenne présente.

Prenant en compte l'apathie de nos concitoyens, dans toute l'Europe, pour le prochain scrutin européen, Quentin Peel, auteur de l'éditorial, constate que ce scrutin apparaît - au mieux - comme un moyen d'exprimer son opinion sur les partis et dirigeants dans les Etats membres.
Très justement, il suggère que la faible politisation des débats internes à l'UE, en particulier au Parlement européen, est aussi un obstacle à la compréhension et à la mobilisation des citoyens. Mais il relève surtout, alors que la crise économique et financière se développe, la relative atonie des socialistes et sociaux démocrates européens, leur incapacité à tirer parti de cette situation politique nouvelle, a priori plus favorable à la gauche.

Et pourquoi ? Parce que les socialistes et sociaux démocrates ne sont pas parvenus, au sein du PSE, à dégager le nom de celui ou de celle qui sera leur candidat pour la présidence de la Commission européenne !

Puisque cette désignation ne s'est pas faite lors du dernier Conseil du PSE en décembre 2008 à Madrid, l'Action fédéraliste "Socialisme & Liberté" (AFSL) considère depuis cette date que le candidat naturel du PSE pour cette fonction ne peut être que son président, en l'occurrence l'ancien Premier Ministre danois Poul Nyrup Rasmussen.

L'important, immédiatement, au cours de cette dernière semaine, de campagne est donc d'obtenir la plus forte participation possible à l'élection du nouveau Parlement européen, pour une majorité de gauche dans cette enceinte qui représente les peuples européens unis !
Dans un second temps, cette majorité de gauche atteinte, il faudra porter la candidature et faire élire Poul Nyrup Rasmussen à la tête de la Commission européenne !

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13 déc. 2008

Claudine Mukizwa à l'honneur !

Notre camarade Claudine Mukizwa, belgo-burundaise résidant à Paris, élue depuis mars 2008 au Conseil du IVè arrondissement, et membre du Bureau de l'Action fédéraliste "Socialisme & Liberté" (AFSL), est à l'honneur du dernier numéro du magazine "Amina" (n°464, décembre 2008, dans tous les kiosques et maisons de la presse).

Claudine Mukizwa y évoque son enfance au Burundi, son départ au Cameroun pour fuir la guerre dans son pays, enfin ses études et sa vie en Belgique avant son arrivée en France, à Paris, où elle est désormais établi avec son mari et où elle travaille.

C'est pour elle l'occasion de revenir sur son engagement pour une société plus juste et plus ouverte, ici et là-bas, et sur son action dans le IVè arrondissement.

Bravo à Claudine, et plein succès dans ses combats (que nous partageons) !

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22 nov. 2008

Parti socialiste (PS) : Construire l'alternative à la droite conservatrice

L'Action fédéraliste "Socialisme & Liberté" (AFSL) regroupe des socialistes fédéralistes, mais elle n'intervient pas dans les débats internes du Parti socialiste (PS). Les membres de l'AFSL se déterminent individuellement et librement par rapport à ce parti, et tous n'en sont pas membres.

Ceci étant dit, les débats internes de cette organisation, dans la mesure où elle regroupe le plus grand nombre de socialistes en France et qu'elle représente en France la force politique la plus importante à la droite conservatrice et réactionnaire conduite par Nicolas Sarkozy, ne peuvent nous laisser indifférents.
Et s'il y a beaucoup à dire parmi les diverses éminences du PS, sur les uns, les unes et les autres, il n'en demeure pas moins que la présentation qui en est faite généralement dans les médias et dans la presse est plus l'expression de l'indigence de ces derniers que du PS lui-même : l'absence de réelles enquêtes pour se limiter aux seuls cancans, une culture politique sommaire, un esprit d'investigation limité aux propos de café du commerce.

Le débat plutôt que le caporalisme

Et pourtant, le PS et ses membres doivent être fiers de leur capacité à offrir le spectacle d'une vie démocratique interne unique parmi les organisations politiques françaises et partant, à animer la vie politique en France. Le débat interne au PS de 2004 sur le traité constitutionnel comme en 2006 la procédure de sélection du candidat-e socialiste à l'élection présidentielle de 2007, demeurent les exemples les plus positifs de cette vie démocratique intense.
En regard, les organisations de la droite conservatrice (comme l'UMP) et du centre (MoDem de Bayrou) apparaissent comme des organisations politiques caporalisées au service de l'ambition d'un seul homme.
Et parmi les autres organisations de gauche, aucune n'accepte aussi ouvertement la transparence de ses débats.

Assumer et organiser une concurrence transparente entre les personnalités

Le procès implicite à gauche sur les pratiques du PS ne porte pas sur cette vie démocratique mais sur ce qui serait l'absence d'enjeux de fond des querelles internes aux socialistes. Ainsi, considérant que rien d'essentiel ne différencie les principaux protagonistes socialistes, il conviendrait de railler leur querelle de personnes. C'est oublier un peu vite que la politique est aussi choix sur les personnes chargées d'incarner, à un moment donné, un combat pour des valeurs et un programme. C'est l'honneur des socialistes d'assumer cette part souvent dissimulée du combat politique. Il est donc estimable qu'après le vote sur les textes d'orientation ou motions, on en vienne logiquement aux votes sur les personnes. C'est ce qui est en cours.

L'antienne de la scission

Depuis le début des années 70 et après Epinay, la droite conservatrice française pleure le bon vieux temps des années 50 et 60 où la gauche divisée laissait la place au gaullisme triomphant. Ce rêve hante encore la droite française et quelques plumitifs médiocres reprennent cette antienne sans qu'elle repose sur quoi que ce soit. Les deux candidates ont elles-mêmes exclu cette idée, et l'intérêt bien compris des différents responsables du PS, souvent élus de collectivités territoriales, est de disposer d'une majorité stable, avec un noyau PS fort auquel s'adjoignent d'autres forces progressistes locales ou nationales. De même, les autres forces de gauche en France ont elles aussi intérêt à un PS fort mais non dominateur qui leur offre la possibilité d'accéder aux responsabilités au sommet de l'Etat.

Il est symptomatique qu'une presse et des médias peu attentifs à l'éthique professionnelle ou soumis à un actionnariat de grands groupes économiques particulièrement actifs reprennent cette vieille rengaine. Il appartient aux citoyens progressistes, aux membres du PS et à ses responsables de leur donner un démenti cinglant, en optant résolument pour l'unité interne respectueuse des différences et une dynamique collective alternative à la droite conservatrice et sans vision.

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09 juil. 2008

Après le G8 : Les Nations Unies plutôt qu'un directoire de nations pour régler les problèmes mondiaux !

Paris, le 11 juillet 2008

Vif et toujours stimulant, Jean Pisani-Ferry livre désormais régulièrement sa "carte blanche" dans le quotidien "Le Monde". Il s'agit d'une chronique sur l'économie européenne ou mondiale, toujours bien informée et intéressante. Dans l'édition du mercredi 9 juillet 2008, il revient justement sur le risque d'inflation et le manque de croissance redoutés à l'échelle mondiale. Il note les intérêts divergents dans cette phase délicate entre pays développés et pays émergents, et l'importance qu'il y aurait en conséquence à mieux associer ces derniers aux grandes affaires du monde.

L'argumentation de Jean Pisani-Ferry est parfaitement cohérente, et nous approuvons sa démonstration. En revanche, sa dernière proposition pour mieux associer les pays émergents nous semble, elle, discutable. S'il convient en effet de mieux associer et partant, de responsabiliser, les pays émergents aux grands équilibres économiques mondiaux dans lesquels ils interviennent de plus en plus, le cadre du G8 n'est pas - nous semble-t-il - le cadre approprié pour le faire.

Cela renvoie aux intentions discutables de mise en place, puis de pérennisation, de ce directoire. Pour notre part, nous considérons que les affaires du monde doivent être traitée dans les instances et organisations créées à cet effet par la communauté internationale dans son ensemble. C'est le sens de notre revendication pour une démocratisation et un renforcement des attributions de l'Organisation des Nations Unies. L'échec de la réforme des Nations Unies, en particulier la faiblesse de sa participation effective à la gouvernance économique et financière mondiale, et l'incapacité d'augmenter le nombre des Etats membres permanents du Conseil de sécurité pour accueillir les principaux pays émergents sont des questions cruciales dont nous devons contraindre nos responsables à se saisir.
La difficulté incontestable de réaliser cette réforme espérée ne justifie pas la pérennisation d'un directoire auto-proclamé de dirigeants politiques nationaux qui prétendent, dans une relative opacité, régler les grandes affaires du monde.

Le G8, élargi ou non aux pays émergents, n'est pas et ne peut prétendre devenir le cadre légitime de règlement de la politique économique et financière mondiale !

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31 août 2007

Altiero Spinelli aurait célébré aujourd'hui son centième anniversaire.

Il était né à Rome le 31 août 1907 mais ses origines étaient du sud de l'Italie en partie des Pouilles et en partie des Abruzzes.

Etant adolescent à l'arrivée du fascisme et ayant été éduqué par son père aux valeurs de la démocratie et de la solidarité, il a bientôt décidé d'engager son combat politique dans le camp des jeunes communistes où il devenu rapidement un des dirigeants.

Il était passionné plus par les questions de société que par l'idéologie du parti dont sa sympathie pour Gramsci et son opposition à Bordiga.

Jeune étudiant en droit, il a été arrêté en 1927 par la police de Mussolini, condamné par le Tribunal Spécial et envoyé en prison pour 16 ans.

Ses intérêts culturels et sa vision de la vie l'ont amené à s'éloigner de la dure discipline idéologique du parti communiste et c'est ainsi qu'il en a été expulsé en 1937.

Dès cette année et jusqu'à 1943, le fascisme l'avait envoyé au confino dans la petite île de Ventotene où sa formation culturelle s'est concentrée notamment sur les textes économiques de Luigi Einaudi et les textes politiques des fédéralistes anglais et américains.

Comme Jean Monnet à Alger, il était arrivé en 1941 à la conviction que la démocratie aurait gagné sur le totalitarisme mais que la paix aurait été solide sur le continent à la condition de transformer les relations entre les nations en un système fédéral.

Depuis lors, le Manifesto de Ventotene, écrit avec Ernesto Rossi, est devenu un texte fondamental pour toute réflexion sur les raisons qui sont à la base de l'unification européenne.

Altiero Spinelli est entré à juste titre dans le Panthéon des Pères de l'Europe avec Jean Monnet, Robert Schuman, Konrad Adenauer, Alcide De Gasperi, Paul-Henri Spaak en apportant au processus d'intégration sa contribution originale.

A l'occasion de son centième anniversaire, il faut rappeler en premier lieu le rôle d'éducateur qu'il a joué avec la fondation en 1943 et l'animation du mouvement fédéraliste permettant ainsi à des milliers des jeunes de s'engager pour les valeurs de la liberté et de la démocratie ainsi que le rôle de penseur et de formateur avec la création de l'Institut des Affaires Internationales.

La partie la plus importante de son action et de sa pensée est celle qu'il a laissée au sein des institutions européennes. En tant que membre de la Commission européenne de 1970 à 1976, il a conçu et mis en œuvre les premiers éléments de politiques communes qui sont aujourd'hui au centre de l'action de l'Union européenne: l'environnement, la recherche, l'industrie, la culture.

En tant que député européen de 1976 à 1986, il a amené l'Assemblée à assumer un rôle quasi-constituant en adoptant à une très large majorité le projet de traité instituant l'Union européenne.

Sans ce projet, aucun progrès vers une intégration européenne plus démocratique et plus efficace aurait été possible puisque toute les révisions des traités depuis l'Acte unique jusqu'à celle qui est aujourd'hui sur la table de la CIG se sont inspirées des éléments fondamentaux du travail accompli en 1984 par le Parlement européen: le principe de subsidiarité, le partage de compétences entre l'Union et les Etats, la hiérarchie des normes, le pouvoir de codécision, le renforcement du rôle de la Commission, les droits fondamentaux et la citoyenneté européenne, l'intégration différenciée...

Ainsi, nous devons rendre aujourd'hui un hommage convaincu et reconnaissant au visionnaire et au bâtisseur en nous engageant à poursuivre son action sur la voie de la démocratie européenne.

Pier Virgilio Dastoli
ancien assistant de Spinelli au PE
Chef de la Représentantion en Italie de la Commission européenne


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