23 mai 2010

Appel du Cercle de réflexion pour l’Europe sociale et la fédération européenne des peuples (CREES)

La crise que traverse chacun de nos pays et l'Union européenne nous invite à un puissant effort d'imagination et de volonté pour chercher et trouver des issues. Dans le cadre de la Gauche européenne - Mouvement pour les Etats-Unis d'Europe, l'Action fédéraliste "Socialisme & Liberté " (AFSL) est en contact avec le Cercle de réflexion pour l'Europe sociale (CREES). Ce cercle vient de publier l'appel ci-joint. Nous le soumettons à la réflexion et au débat de nos camarades et de tous les lecteurs du blog "Socialisme & Liberté".

Pour sa part, l'AFSL publiera un document de synthèse sur la crise sociale et économique présente et sur les réponses politiques qu'elle juge nécessaire d'y apporter.

"L’Europe vient d’être condamnée par le système financier mondialisé à plusieurs années d’austérité auxquelles notre modèle social pourrait ne pas survivre. Austérité signifie en effet destruction des services publics et des services sociaux qui sont le patrimoine des plus faibles et destruction du pouvoir d’achat. Elle est condamnée pour ses déficits publics lesquels ont été creusés pour sauver ce même système financier d’un risque de faillite causé par sa lourde incompétence. L’appauvrissement durable et généralisé des populations nous est présenté comme la clef du maintien de la compétitivité de l’économie. Le FMI est invité par les responsables politiques européens à compléter sur notre continent son palmarès de destruction des tissus sociaux.

 La classe politique européenne, majoritairement de droite, s’est achetée du temps en promettant aux spéculateurs, essentiellement anglo-saxons, 750 milliards d’euro qui devront être prélevés sur le pouvoir d’achat des populations. Une course a été engagée entre les gouvernements mis face à des conditions de financement rendues hors de portée avec le maintien des valeurs européennes exprimées par le traité de l’Union : dignité humaine, liberté, démocratie, égalité. C’est une course à l’abîme de notre culture que nous impose de manière arbitraire et artificielle une minorité cynique mobilisée. L’épisode actuel ramène les pires aspects de la lutte des classes, cette fois organisée au niveau mondial. Qui veut le retour d’une société à la Dickens ?

 L’Europe qui est aujourd’hui menacée est un ensemble de valeurs issues des lumières et de l’action des progressistes des XIX è et XX è siècles. Nous pouvons être fiers de nos prédécesseurs.

C’est pourquoi il est urgent d’identifier pour les conflits actuels des réponses conformes à nos valeurs ainsi que de proposer les actions qui en découlent sur tous les fronts de l’action sociale et politique, à tous les acteurs organisés de la gauche au sein de la société civile, des syndicats, et des forces politiques.  

Les délais qui nous sont imposés sont très courts. A la fin de cette année au plus tard, la Task Force réunie par le conseil européen autour du président Van Rompuy devra remettre des propositions sur la gouvernance économique. La prochaine élection du parlement européen devra déboucher sur une majorité de gauche pour pouvoir désigner un candidat de gauche pour diriger la commission. La gauche a besoin dès aujourd’hui de clarifier ses propositions et de mettre au point des actions coordonnées en vue de ces échéances. 

Il est fait appel à coordonner et amplifier les réflexions et les actions de tous les acteurs de la gauche, à quelque niveau de responsabilité et d’organisation qu’ils se situent , autour des axes suivants .   

. Utiliser le marché intérieur comme un outil de progrès social et humain par la définition de normes réalisant un haut niveau de protection environnementale et des consommateurs.

. Mettre au point des politiques industrielles renforçant les secteurs économiques d’importance stratégique pour le maintien en Europe  des capacités productives et de services nécessaires à l’équilibre social.

Développer la recherche et l’innovation et favoriser la création d’entreprises innovantes répondant à ces normes et à ces politiques.

.Réformer le régime de propriété des entreprises ; notre capacité économique ne peut plus être soumise à l’arbitraire d’agences de notations opaques et partiales ; la viabilité de notre économie ne peut plus dépendre des jeux de bourses ; il faut favoriser l’investissement à long terme.

.Réglementer le système financier et le mettre au service de l’épargne et de la création de richesses productives ; les réglementations européennes doivent permettre un contrôle ultime de l’intérêt social du système par une chambre spécialisée de la cour de justice ; les amendements du parlement européen vis-à-vis des propositions de la commission en matière de réglementation financière doivent être utilisés comme une première étape en ce sens. 

.Compléter l’union monétaire par une union économique basée notamment sur une coordination budgétaire effective entre les Etats membres ; la surveillance budgétaire organisée par le pacte de stabilité doit intégrer un élément préventif efficace et passer du court au moyen terme ; les mesures cycliques intervenant dans le cadre du pacte doivent assurer le financement régulier d’un fonds européen de stabilisation économique.

.Coordonner au niveau européen une politique de croissance basée sur l’augmentation de la demande intérieure, à l’opposé des politiques d’exportation et de globalisation qui se font au prix de la destruction de nos structures sociales.

.Réorienter la fiscalité en faveur de l’emploi, de l’environnement et de l’innovation ; assurer la fiscalité du secteur financier de manière à ce que celui-ci ne redevienne plus une charge pour les finances publiques et soit incité à se mettre au service de l’économie.

.Mettre en place une politique européenne de l’énergie basée sur la réalisation d’un marché intérieur de l’énergie, des infrastructures organisées au niveau européen et une politique extérieure  commune en matière énergétique.

.Harmoniser vers le haut les conditions de vie  tant en matière de condition d’emploi que de sécurité sociale par le moyen de la concertation entre toutes les forces de la société civile,les organisations politiques nationales et européennes et les syndicats .

.Mettre en place une politique européenne de la culture pour promouvoir les valeurs de spiritualité et de solidarité.

.Mettre en place une politique européenne de l’éducation axée sur l’excellence, la démocratisation et l’éducation continue.

.Conforter les  institutions européennes démocratiques en confirmant le rôle central de la Commission européenne responsable devant le parlement."

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